lundi 27 avril 2015

Je hais les dimanches

Hervé Bellec - Ed. Dialogues

Je hais les dimanches chantait Juliette Gréco. Cette formule, Hervé Bellec la chantonne quasiment chaque fin de semaine ... Quelle journée étrange que le dimanche ! Que faire qui puisse la rendre belle, ou drôle, ou singulière ?
52 chroniques comme autant de dimanches loufoques, cocasses, épiques ou désespérants aussi, quand ils sont vides de la femme attendue qui vous pose un lapin... 52 dimanches, avec ou sans maman, tantes et enfants, avec ou sans copies à corriger, seul dans une chambre d’hôtel impersonnelle ou en charmante compagnie à la plage, au bistrot du coin avec les potes ou même à la messe, parce que bon... faut bien parfois ! Et la vie qui s’écoule, morne comme un moulin par un dimanche sans vent, réjouissante comme un matin de printemps. La vie quoi.

Des chroniques dominicales racontées avec humour qui nous parlent et dans lesquelles on peut se retrouver aisément ! (Janine)

Et pour vous donner envie, cet extrait : Des années durant, observant depuis ma fenêtre le manège des cyclistes, je ne pouvais m'empêcher de ressentir le plus profond mépris envers ces sportifs du dimanche qui s'imposaient de leur plein gré de tels châtiments. Mon petit blanc dominical à portée de lèvres, je ricanais méchamment tout en tirant sur la première clope de la journée. C'était la belle vie. Jusqu'au jour où un abruti de cardiologue est venu tout gâcher en me disant l'air sinistre que s'il avait juste un conseil à me donner, eu égard à mes antécédents, ça serait d'y aller mollo mollo. " Quels antécédents ? " Il a débranché une à une les électrodes pincées sur ma peau. " Vous savez très bien de quoi je veux parler ! " Et de me dresser une liste d'interdits aussi longue que le cahier des charges d'un salafiste. J'ai sursauté : " Les cacahuètes aussi ? " Il a hoché la tête et m'a pétri le ventre la mine navrée avant d'ajouter sans finir sa phrase qu'avec un peu d'exercice... C'est ainsi que j'ai acheté un vélo idiot. Un vélo idiot, c'est une bicyclette sans roue qui avance dans le vide, ou plutôt qui n'avance pas. On a beau suer comme un haleur de la Volga, on ne bouge pas d'un pouce. En résumé, on pédale dans la choucroute. Et c'est ainsi que chaque dimanche que Dieu fait, j'exécute ma petite heure de surplace tout en regardant à la télé les épreuves de biathlon. Moi aussi, j'ignorais jusqu'à ce jour ce qu'était le biathlon, je pensais que c'était un médicament contre les remontées gastriques. À présent, je sais.

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